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Patrick Pierre Hernandez alias Patrick Hernandez

J'ai engendré un monstre »,dit Patrick Hernandez. Pas faux. Le succès de cette chanson a dépassé tout ce qu'il pouvait imaginer.

Si certains tubes disco semblent très ringards, Born To Be Alive peut être rangé dans la catégorie des standards indémodables.

En 1963, ce futur professeur d'anglais découvre à Londres les Beatles.

Rentré en France, il s'achète une guitare et commence le traditionnel circuit des petits groupes de banlieue.

Début 1970, pour rejoindre une petite amie, il part en week-end à Périgueux.

Là-bas, il rencontre un groupe qui cherche un chanteur, il fait l'affaire, le voici musicien professionnel.

C'est du « balloche », mais quelle école ! Cinq à six heures de scène, cinquante chansons par soirée, après ça, rien ne peut faire peur.

En 73, on lui propose un contrat avec les disques Flèche, le label de Claude François, lorsqu'il rencontre le groupe « Paris Palace Hôtel » qui est à la recherche d'un chanteur.

L'entente est tout de suite parfaite. Il ne signe pas avec Flèche, mais part à Royan avec ses nouveaux amis, afin de composer les chansons d'un album.

C'est là qu'il écrit Born To Be Alive : un rock très californien.

De retour à Paris, ils enregistrent un ou deux 45 tours mais, malgré les efforts de leur producteur Jan Van Loo, l'album ne se fait pas.

En 1976, dégoûté, Hernandez repart dans le Périgord et se met... à l'élevage des veaux ! La musique semble bien loin. Quoique...

Deux ans plus tard, Jan Van Loo lui télégraphie une invitation à venir d'urgence en Belgique, pour y enregistrer une chanson Making Love.

La chanson lui plaît, il y travaille.  Le soir après les séances, il prend sa guitare et chante ses compositions.
Lorsqu'il joue Born To Be /Vive, Van Loo hoche la tête : « Tu peux me la refaire ? ».

Trois soirs de suite, le manège recommence, sans que le producteur ne précise sa pensée. Le troisième soir, la décision est prise ils vont enregistrer Born To Be Alive.

Ils font appel à Hervé Tolance, un ex-Paris Palace Hôtel, pour les guitares.

Le producteur leur donne un canevas extrêmement précis, il sait ce qu'il veut. Le tempo doit être de 133 BPM, le pied de grosse caisse doit être en avant, la charleston doit être placée de telle façon, etc. En studio, Tolance montre à Patrick un riff de guitare étonnant, emprunté au Spencer Davies Group et à une version « live » de Gimme Some Lovin. Miracle, ça colle : ce sera la célèbre intro du morceau.
Born To Be Alive existe enfin; mais toutes les maisons de disques françaises le refusent.

Ils tentent leur chance en Italie, où les radios libres viennent d'exploser et Born To Be Alive devient un énorme succès transalpin.

Au MIDEM 79, Patrick reçoit son premier disque d'or, devant le showbiz français interloqué par le succès de cet inconnu. CBS réagit finalement et le signe.

Une fois le disque sorti, les premières réactions sont froides.

Et puis, à force de persuasion et de patience, il s'impose dans les discothèques où Patrick Hernandez se produit entouré d'accortes danseuses, parmi lesquelles une débutante américaine, immigrée à Paris et nommée... Madonna! Les ventes décollent; après de nombreuses résistances les radios le jouent.

La marche en avant de Born To Be Alive et de Patrick ne s'arrêtera plus pendant deux ans.

Vingt quatre mois durant lesquels Hernandez défendra sa chanson pays par pays, la promotion s'achevant fin 81 au Chili.

Patrick Hernandez qui rêvait du succès des Beatles se retrouve assailli à l'entrée des studios de télévision.

Les ventes dépassent les limites du raisonnable : 23 millions de disques, sans compter les compilations! Le tout lui valant la bagatelle de 56 disques d'or, de quoi décorer les murs de sa maison.

Et puis, plus rien, ou presque. Un nouvel album qui ne se fait pas. Un long, très long purgatoire qui prend fin aujourd'hui, avec le retour de la disco.

MIDEM Marché International du Disque et de l'Édition Musicale qui se tient tous les ans à la mi Janvier à Cannes.
C'est le grand salon de la musique où le monde entier se retrouve pour acheter et vendre des productions.